Un espoir parfois lointain. Saumery, on y entre un jour. On reste. Un mois. Un an. Ou dix. On y entre et quelque chose se noue. En nous. Quelque chose qui est là, dans notre esprit. Qui fait que peut-être on peut poser ses valises. Valises trop pleine. De douleurs. De délires. On y est. Pour beaucoup, c’est la clinique de la dernière chance. Celle qu’on tente après d’autres. Trop d’autres…
"Remous de noir de rose chaud"
Mais après ? Après Saumery, que fait-on ? Peut-on vivre ? Peut-on être « normal » ? Peut-on être dehors ? Vivre ? Être heureux ? Comment faire coïncider ce que l’on a été, ce que l’on est, ce que l’on sera. Et ce que l’on sera. Comment mettre en pratique ce que l’on a appris à Saumery ? Puisque justement on y apprend à mieux vivre. Puisque, justement, on y apprend à rire. Être heureux serait un bien grand mot. Mais simplement profiter des joies. Ou admettre. Que la vie est telle qu’elle est. Ni plus belle. Ni plus laide. Ni comme on l’imagine. Il y a une vie après Saumery. Pas toujours simple. Non, ce serait trop beau. Et au final on s’ennuierait. Mais une vie humaine. Ni rose. Ni noire. Il y a de l’espoir. Nous, qui avons vécu là-bas, ensemble, pas forcément proches, mais ensemble, Saumery est un passage. Il laisse un souvenir doux à toucher, entendre, écouter, quand on est triste. On se dit qu’il fait partie de nous. Il faut oublier un peu. Digérer, comme dirait le Docteur Fontaine. Rejeter ce qu’on ne veut plus. Et puis parfois se rappeler. Juste pour la douceur de la mémoire. Quelque chose qui n’est plus dans notre vie, mais qui y a été. Sans rancune. Malgré les remarques parfois blessantes. Ou mal placées. Parce que la rancune prend du temps. Et fait mal à l’estomac. Et au dos. Oublier pour pouvoir vivre sans penser tous les jours à ce que l’on a vécu là-bas. Mais l’oubli n’existe pas. Alors vivre tout simplement.
Ceci n’est pas une recette magique, juste un message d’espoir…
Je remercie Saumery et tous les gens qui y sont, pour tout ce qu’ils m’ont apporté…