Beauté d'hiver
Tu repose, légère et élancée
Sur le canapé, noyée sous les volutes
Grises de ta cigarette enlacée
Dans tes longs doigts de flûtes.
Ta main, fine et nerveuse repose
Nonchalamment dans l'espace enfumé
D'infimes frémissements osent
Parcourir la ligne courbe de ta peau parfumée.
Tes jambes oisives entrelacées
Sont deux serpents mêlés.
Un pied remue menu et svelte
Et anime ta zélée silhouette.
Tes yeux sont deux émeraudes trouées
D'une prunelle aux contours noirs inquiétants
Qui s'allume comme deux flambeaux éclatants
Quand naît l'intrigue d'un désir froid et altier.
Ta bouche, fine et rosée
Aux lèvres incarnates et exotiques
Contrée sibylline apprivoisée
Exhale des soupirs saccadés et lubriques
Un sourire malicieux et rusé
Erre sur tes lèvres écarlates
Laisse entrevoir deux rangées de dents ivoirisées
Sur ta brune figure au teint mat.
O pâle beauté de mes songes !
Ta chair froide et irisée,
Ton corps vil de créature déguisée
Ne sont, hélas que d'amers mensonges !
Jerome De Valois