Les joues rouges, la voix forte, « les médicaments » crié dans le couloir. Non, on ne s’y trompe pas, c’est bien Martine qui est là. Bon, d’accord, on vient les prendre ces médocs. Et elle est là, rieuse. Pleine d’affection. Agacée. Nous sommes en retard. Mais on a quand même le droit à un mot gentil.
Non, Martine n’est pas une crieuse née. Martine c’est avant tout une femme qui aime son métier. D’atelier en compta, elle vibre avec le club, avec les patients, avec les aléas du secteur soins. Parce que des aléas, il y en a. Elle est drôle. Elle est humaine. On pourrait presque dire humaniste. Elle a été pendant des années comptable du club. Et je peux vous dire que ça prend du temps. Gérer. Dire non parfois. Pas un rôle facile. Elle a passé la main.
Après tout, il faut laisser les plus jeunes prendre la relève. Mais Martine est éternelle. Dans dix ans, elle sera toujours là à nous crier : « Les médicaments. » Et on trainera toujours les pieds pour venir les prendre. Et elle prendra toujours nos angoisses pendant cinq minutes. Ecouter. Analyser. Comprendre. Elle le fait bruyamment et avec tendresse. Etrangement la vitalité transparait par elle. Une vitalité de femme forte. Une vraie femme.
COMMENTAIRE
27/05/2012
J'aime la série de portrait des moniteurs de Saumery. Les descriptions sont faites avec affection, par des courtes phrases, le mot qui convient pour pointer un trait marquant de la personnalité....un soupçon d'humour qui souligne un travers....une galerie de portraits faite avec talent et générosité, on sent que leur auteur a abandonné toute langue de bois, sa sincérité nous touche en parlant de la difficulté à accueillir, chaque jour, la souffrance des patients....
Bravo !
André B.
30/05/2012
Merci Beaucoup André ce commentaire me touche.
Laure